
LE CAP, Afrique du Sud – 9 février 2026 – L’Afrique possède une valeur minière estimée à 29 500 milliards USD, représentant près de 20 % de la richesse minière mondiale. Pourtant, le continent ne capture qu’une fraction de la valeur économique réelle de ses ressources, selon une nouvelle étude de Africa Finance Corporation (AFC) (lire l’étude complète).
Sur ce total, 8 600 milliards USD restent sous-développés, révélant un potentiel immense encore inexploité. Le rapport souligne que le manque de données géologiques fiables, une couverture fragmentée et une transparence limitée amplifient les risques perçus et freinent les investissements. Améliorer la disponibilité et la qualité de ces données est donc une étape clé pour sécuriser les projets miniers et attirer davantage de capitaux.
Au-delà des mines : la valeur réelle des minéraux africains
Le rapport met en lumière que la valeur des sites miniers actuels ne reflète pas le potentiel industriel de l’Afrique. Lorsqu’on considère la transformation des minéraux en acier, aluminium, engrais, batteries et alliages, la richesse du continent prend une toute autre dimension. Le Compendium of Africa’s Strategic Minerals, lancé au Mining Indaba au Cap, propose une nouvelle lecture du secteur, centrée sur l’industrialisation, les infrastructures et la demande régionale à long terme.
« Le compendium relie les réserves et la production à la capacité de transformation, aux infrastructures de transport et d’électricité, et aux corridors industriels régionaux », explique Samaila Zubairu, président et CEO d’AFC. « Il améliore la transparence des données pour réduire les risques liés à l’exploration, diminuer le coût du capital et éclairer les investissements. »
Développement minier : ancré dans la demande africaine
Le rapport souligne un désalignement majeur : production minérale, infrastructures et demande régionale ne se rejoignent que rarement. Par exemple, bien que l’Afrique dispose de ressources exceptionnelles en ferro-alliages comme le manganèse, le chrome et le nickel, la production est fortement influencée par les cycles asiatiques plutôt que par les besoins du continent.
Cette dépendance entraîne des effets économiques directs. En République démocratique du Congo, des quotas ont été imposés sur le cobalt en raison d’une surproduction et de la chute des prix. En Afrique du Sud, la production d’acier primaire stagne face à la faible demande intérieure et aux coûts élevés. Au Gabon, les exploitations de manganèse suspendent parfois leur activité en réponse à l’adoucissement de la demande asiatique.
Pourtant, l’Afrique renforce simultanément ses infrastructures, son énergie, son logement et sa capacité industrielle, créant un paradoxe : la demande existe, mais elle n’est pas encore suffisamment ancrée dans le développement régional.
Les infrastructures : un levier stratégique
Le compendium place les infrastructures au cœur de la stratégie minière. Les réseaux ferroviaires, ports, centrales électriques et zones industrielles ne sont pas seulement des moyens de transport, mais des vecteurs essentiels pour relier matières premières, transformation et demande.
Une énergie fiable et propre, une logistique efficace et des corridors intégrés, comme celui de Lobito, permettent de réduire les coûts, de soutenir les plateformes industrielles régionales et d’améliorer la compétitivité de l’Afrique dans un contexte d’industrialisation verte.
Minéraux africains et économie mondiale
Dans un contexte global marqué par les tensions commerciales, les contrôles à l’exportation et la politique industrielle, la stratégie minière africaine doit se concentrer sur des segments stratégiques où le continent peut proposer des alternatives fiables et à valeur ajoutée. Les minéraux critiques incluent : manganèse, terres rares, graphite, uranium et intrants d’alliage pour la défense, l’aérospatiale et les énergies propres.
Des avancées prometteuses apparaissent. Angola : gisement de terres rares métalliques magnétiques de classe mondiale. Mozambique : hub stratégique pour le graphite et les matériaux d’anodes. Afrique australe : projets de sulfate de manganèse pour batteries. Namibie et Malawi : reprise de la production d’uranium (2024-2025).
Pour découvrir le Recueil des ressources minérales stratégiques de l’Afrique, téléchargez le document complet ici.
À propos d’AFC :
AFC a été créé en 2007 pour être le catalyseur d’investissements d’infrastructures et industriels pragmatiques à travers l’Afrique. L’approche d’AFC combine une expertise sectorielle spécialisée avec un accent sur le conseil financier et technique, la structuration de projets, le développement de projets et le capital-risque pour répondre aux besoins de développement des infrastructures de l’Afrique et stimuler une croissance économique durable.
Dix-huit ans plus tard, AFC a fait ses preuves en tant que partenaire de choix en Afrique pour investir et fournir des actifs d’infrastructure clés de haute qualité qui fournissent des services essentiels dans les secteurs d’infrastructure de base de l’énergie, des ressources naturelles, de l’industrie lourde, des transports et des télécommunications. AFC compte 48 pays membres et a investi plus de 18,5 milliards USD dans 36 pays africains depuis sa création. www.AfricaFC.org
SOURCE
Africa Finance Corporation (AFC)